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J'ai le coeur lourd, il se durcit peu à peu et sa métamorphose me pése dans tout le corp. J'aimerai avancer, suivre le chemin de l'herbe verdoyante parsemé de quelques paquerettes fantaisistes, sous un beau ciel bleu soupoudrer de formes nuageuses. Au lieu de çà je suis accroupit contre la cloison, le dos qui glisse contament sur le mur lorsque j'essaie de me relever, mais je croie que mes jambes ont perdu l'habitude de la marche. Un bruit assourdissant se fait entendre, un sifflement désagréable. Mes oreilles en patissent constament. Trop de mensonges, d'ignorance, trop de brûme devant mes yeux encore humide du petit matin. A travers tout çà, lui il n'est que fantôme avec une silhouette vaguement dessiné, une silhouette que l'on distingue de loin, que l'on distingue à peine.
Je ne parle pas beaucoup de lui, ou du moins je cache son identité. Je vais au plus facile. J'aimerai bien qu'il m'apprenne à me relever, à marcher lorsque le soleil se leve. Que l'on marche le long de ce chemin, celui qu'on peindra ensemble. Qu'il m'emmène voir l'architecture des plus jolies maisons, le visage des enfants encore souriant, la forme des nuages et les gens heureux. Une fois que je saurai marcher, çà se pourrait qu'il me lache la main, qu'il parte un peu plus loin. Au fond c'est pas grave, au moins je saurai mettre un pied devant l'autre sans chuter, et je pourrai toujours appercevoir de loin cette radieuse silhouette à travers la fine brûme du matin, tout en trancant mon chemin.
J'ai encore aujourd'hui la certitude qu'il ne restera jamais loin